Sierra Leone: William Parmar coordinateur logistique

William Parmar est de retour d’une mission de quatre mois en Sierra Leone (de février à mai 2015), où il a travaillé comme coordinateur logistique pour les différents projets de Handicap International dans le pays. Il revient sur son expérience et sur les conditions très particulières de cette mission.

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Ebola en Sierra Leone: William Parmar coordinateur logistique en Sierra Leone de février à mai 2015
Ebola en Sierra Leone: William Parmar coordinateur logistique en Sierra Leone de février à mai 2015
Ebola en Sierra Leone: William Parmar coordinateur logistique en Sierra Leone de février à mai 2015

« J’ai l’habitude de travailler dans des contextes d’urgence comme les catastrophes naturelles ou les conflits violents, mais j’ai trouvé cette mission en Sierra Leone particulièrement éprouvante, car nous combattons un ennemi que nous ne voyons pas. L’incertitude est partout : on ne sait pas si la personne en face de nous a le virus, on ne sait pas si on ne l’a pas en fait soi-même. Et surtout, si on attrape le virus, on ne sait pas si on y survivra, car les chances de mourir sont élevées.

Le pays est en état d’alerte permanente. Il y a des points de contrôle sur les routes où l’on vous demande de prendre votre température, vous devez vous laver les mains à l’eau chlorée à l’entrée de chaque lieu public. Ces mesures et cette vigilance de tous les instants sont salutaires, mais créent une atmosphère très stressante. »

Face à l’épidémie, on ne compte pas ses heures

« Les conditions de travail sont très éprouvantes, notamment pour le personnel sierra-léonais qui, ne l’oublions pas, est présent depuis le début de la crise. A cause des exigences exceptionnelles imposées par l’épidémie, certains n’ont pas pris de vacances depuis six mois, et la plupart ont travaillé de longues heures supplémentaires, notamment les week-ends.

Dans un pareil moment de tension générale et de travail acharné, j’ai particulièrement pris conscience de l’importance des contacts humains : se taper dans le dos à la fin d’une journée bien remplie, serrer la main de ses partenaires ou collègues. Mais pour limiter les risques de contamination tout le monde respecte la « politique de non-contact », et ces gestes ont disparu de notre quotidien. Ils nous paraissent banals et évidents dans un contexte normal, au point qu’on les oublie. Ce n’est qu’une fois que j’en ai été privé que j’ai réalisé leur importance. »