Journée Internationale de la sensibilisation au problème des mines - 4 avril 2026
Investir dans la paix, investir dans la lutte antimines.
Photo d’archive (03.06.2025) – Installation d’une bannière sur la Broken Chair à Genève avant la conférence sur le Traité d’Ottawa et le retrait annoncé de plusieurs États. | © V. Vanniasingam / HI
Le monde célèbre la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines le 4 avril, réaffirmant le rôle essentiel que joue la lutte antimines pour assurer la paix, permettre le relèvement et favoriser le développement durable. Le thème de cette année, « Investir dans la paix, investir dans la lutte antimines », met en lumière une vérité fondamentale: la paix ne peut être durable là où les mines, les restes de sous-munitions et autres restes explosifs de guerre continuent de mettre en danger les civil·es et d’entraver les efforts humanitaires et de développement.
À travers le monde, des communautés vivent toujours dans la crainte constante des risques explosifs. Lorsque les familles ne peuvent pas se déplacer en toute sécurité, que les services essentiels demeurent inaccessibles et que la reconstruction est ralentie par des menaces enfouies sous le sol, la paix reste fragile. La lutte antimines constitue un levier pour relever ces défis en rétablissant la sécurité, la stabilité et la confiance.
La communauté internationale a mis en place un cadre solide qui a redéfini les attentes en matière de protection des civil·es. La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel a établi une norme claire et durable en interdisant des armes qui causent des dommages indiscriminés et irréversibles. La Convention sur les armes à sous-munitions a renforcé ces avancées en interdisant des munitions dont les restes non explosés continuent de faire des victimes longtemps après la fin des conflits. La Déclaration politique sur l’utilisation des armes explosives en zones peuplées a renouvelé l’attention mondiale sur l’impact dévastateur des armes explosives en zones urbaines, tandis que la Convention sur certaines armes classiques renforce depuis longtemps les limites humanitaires à l’emploi d’armes présentant un risque excessif pour les civil·es.
Ensemble, ces accords constituent un écosystème puissant qui prévient de nouveaux dommages, traite la contamination existante et renforce les normes mondiales qui placent la protection des civil·es au premier plan.
La lutte antimines humanitaire sauve des vies chaque jour: les opérations de déminage rendent des terres sûres pour les habitations, l’agriculture, les écoles et les marchés. L’éducation aux risques aide les communautés à réduire leur exposition au danger tant que la contamination persiste. L’assistance aux victimes garantit que les survivant·es reçoivent les soins, l’inclusion et le soutien qu’il·elles méritent. Les enquêtes et évaluations permettent aux acteurs humanitaires et de développement d’atteindre les populations touchées. Ces efforts ne se limitent pas à enlever des engins explosifs: ils permettent la mobilité, les moyens de subsistance, la dignité et la résilience à long terme.
Malgré une contamination en hausse dans de nombreuses régions touchées par les conflits, l’impact d’une action antimines soutenue est évident. Des zones entières autrefois considérées comme inutilisables ont été rouvertes. Plus de 30 États se sont déclarés exempts de mines. Des infrastructures essentielles ont été restaurées. Des familles déplacées ont pu rentrer chez elles. Des champs ont de nouveau été cultivés, des entreprises relancées et des écoles rouvertes. Il ne s’agit pas de réussites isolées; elles sont le résultat cumulé de décennies de coopération entre États, organisations internationales et nationales, et communautés affectées.
Mais ces progrès ne sont pas garantis. Le respect de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, de la Convention sur les armes à sous-munitions et de la Déclaration politique sur l’utilisation des armes explosives en zones peuplées reste essentiel pour prévenir de nouveaux dommages et maintenir la protection des civil·es comme norme universelle. Tout recul par rapport à ces engagements risque d’inverser des acquis durement obtenus et d’exposer des communautés entières aux dangers des restes explosifs.
En cette journée internationale, nous — le Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), le Centre international de déminage humanitaire de Genève (GICHD), la Fondation suisse de déminage (FSD), Handicap International Suisse, la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL), Swiss Mine Action Network (SMAN), la fondation Mine-Ex, la fondation Monde sans mines, Global Clearance Solutions, APOPO et la Fondation Digger — appelons les gouvernements, les donateurs et les partenaires à renforcer leur soutien à la lutte antimines et à défendre les accords internationaux qui l’encadrent. Investir dans la lutte antimines, c’est investir dans des déplacements sûrs, des moyens de subsistance renouvelés et des communautés résilientes. C’est investir dans la paix elle-même.
La lutte antimines fonctionne. Elle a démontré sa valeur dans tous les contextes où elle a été mise en oeuvre. Avec un engagement soutenu et un respect rigoureux des normes mondiales interdisant les armes indiscriminées, nous pouvons continuer à réduire les atteintes aux civil·es, soutenir le relèvement et contribuer à bâtir un avenir où aucune vie n’est définie par la présence de restes explosifs de guerre.
« La lutte antimines sauve des vies et soutient les communautés vulnérables chaque jour. Elle permet l’acheminement de l’aide humanitaire d’urgence, facilite le retour en toute sécurité des populations déplacées, assure le travail des casques bleus en sécurité, crée les conditionsd’une paix et d’une sécurité durables et contribue au développement économique et social à long terme. Investir dans la lutte antimines, c’est investir dans la paix et dans l’avenir. »
Kazumi Ogawa, Directrice de l’UNMAS
« La lutte antimines restaure plus que des terres: elle restaure la liberté, les opportunités et les fondements d’un relèvement durable dans les communautés touchées par les conflits. »
Shoko Noda, Directrice du Bureau des crises du PNUD.
« Les restes explosifs de guerre continuent de nuire aux civil·es longtemps après les conflits, alors même que ceux-ci ont disparu des gros titres », a déclaré l’Ambassadeur Tobias Privitelli, Directeur du Centre international de déminage humanitaire de Genève (GICHD). « La lutte antimines ne consiste pas seulement à neutraliser des armes, il s’agit de rétablir la sécurité, de permettre le relèvement et de donner aux communautés les moyens de reconstruire leur avenir dans la dignité. »
« Enlever une mine ne sauve pas seulement une vie. Cela permet à une famille de déplacés de dormir à nouveau dans son propre lit, à un agriculteur de récolter sa première moisson de blé depuis des années, à des enfants de jouer au ballon sur des terrains sûrs, à un hôpital de conserver des vaccins au frais grâce au rétablissement des lignes électriques, aux travailleurs et travailleuses humanitaires d’atteindre en toute sécurité les personnes dans le besoin… C’est cela, le véritable effet multiplicateur de la lutte antimines.
Hansjörg Eberle, Directeur de la Fondation suisse de déminage (FSD).
« La lutte antimines ne se limite pas à l’enquête et au déminage des terres contaminées. Elle comprend également le plaidoyer, pour qu’il n’y ait plus aucun recours aux mines ni aux armes à sous-munitions. Nous encourageons vivement les États parties à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel et à la Convention sur les armes à sous-munitions à promouvoir la sécurité des civil·es dans le monde en défendant publiquement ces conventions et leurs normes, en condamnant toute nouvelle utilisation, production ou transfert par quelque acteur que ce soit, en toutes circonstances. »
Tamar Gabelnick, Directrice de la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL).
« Les deux traités contre les mines et les armes à sous-munitions, ainsi que la Déclaration politique sur l’utilisation des armes explosives en zones peuplées, prouvent qu’une mobilisation déterminée peut changer le cours de l’histoire. Ils nous rappellent aujourd’hui que, malgré les préoccupations légitimes de sécurité des États, ces armes interdites ne constituent ni une réponse militaire rationnelle ni une option acceptable au regard du droit humanitaire. »
Daniel Suda-Lang, Directeur de Handicap International Suisse.
« Si l’action contre les mines consiste à créer des bases sûres pour que les sociétés puissent se reconstruire, le rôle de la Suisse est de créer un terrain sûr pour la coopération — en connectant les acteur·trices, en favorisant l’innovation et en veillant à ce que l’expertise suisse se traduise par un impact global. »
Catherine André, Présidente du Swiss Mine Action Network (SMAN).
« À un moment où les normes internationales telles que la Convention d’Ottawa sont soumises à des pressions croissantes, un engagement durable en faveur de l’action contre les mines est plus important que jamais. La Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines nous rappelle que le travail est loin d’être terminé — en particulier dans des régions qui ont disparu de l’attention mondiale, mais où les risques liés aux engins explosifs continuent de façonner le quotidien. C’est là que nous intervenons, aux côtés des communautés affectées, pour restaurer la sécurité et créer les conditions d’une paix durable.» Rolf Stocker, coprésident du Conseil de fondation de Monde sans mines. « La lutte antimines ne consiste pas seulement à éliminer les menaces — c’est aussi l’efficacité avec laquelle nous le faisons. Atteindre les populations plus rapidement, travailler plus intelligemment dans des environnements complexes et concentrer les efforts là où ils comptent le plus peut transformer la rapidité avec laquelle les communautés retrouvent l’accès à leurs terres, à leurs moyens de subsistance et à leur avenir. »
Christophe Cox, Directeur d’APOPO.
« La lutte antimines est la première étape vers la reconstruction. En combinant des technologies de pointe avec une expertise opérationnelle, nous ne nous contentons pas de déminer les terres, mais nous permettons la reconstruction des infrastructures, la relance des économies et un redémarrage sûr et durable des communautés. Cela nécessite une collaboration étroite entre gouvernements, industries, ONG et partenaires internationaux afin d’obtenir un impact à l’échelle des besoins. »
Philipp von Michaelis, Directeur et cofondateur de Global Clearance Solutions.
« Pendant la guerre, ce sont les soldats, des deux côtés. Après la guerre, ce sont les populations civiles qui en souffrent pendant des décennies. Les mines ont un impact qui dépasse largement les blessures physiques. Elles entravent également le développement économique et social des régions touchées. Les coûts du déminage et de l’assistance aux victimes sont très élevés et totalement disproportionnés par rapport au coût d’achat de ces armes. Cela soulève la question de savoir qui doit, en définitive, en assumer les coûts. »
Reto Stump, Président de la fondation Mine-Ex.
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