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Trop d’institutions financières soutiennent encore les investissements dans la production d’armes à sous-munitions

Mines et autres armes
International

L’organisation non gouvernementale PAX présente le 16 juin la 7ème édition de son rapport sur les investissements dans la production des armes à sous-munitions, Worldwide Investments in Cluster Munitions: A Shared Responsability. Selon ce rapport, 158 institutions financières dans le monde financent la production de ces armes interdites. Alors que Handicap International a alerté à l’automne dernier sur l’augmentation de l’utilisation d’armes à sous-munitions en 2015, l’association s’alarme du fait que les investissements dans la production de ces armes barbares, qui ont atteint 28 milliards de dollars entre 2012 et 2016, ne faiblissent pas. 

Une bombe à sous-munitions

Une bombe à sous-munitions | © U. Meissner Handicap International

Dans son rapport Worldwide Investments in Cluster Munitions: A Shared Responsability, l’ONG néerlandaise PAX dévoile que 158 institutions financières, soit 7 de plus qu’en 2014, ont fourni des prêts et des services financiers à 7 producteurs de bombes à sous-munitions. La majorité de ces institutions sont basées aux Etats-Unis (74), en Chine (29) et en Corée du Sud (26). Les investissements dans la production de ces armes ont atteint 28 milliards de dollars pour la période 2012-2016 couverte par le rapport.

Vingt de ces institutions financières viennent d’Etats Parties au Traité d’Oslo interdisant les sous-munitions dont la Suisse. Or, le fait de financer la production de ces armes constitue une violation grave de l’esprit du traité dans la mesure où le financement peut être assimilé au fait d’encourager, d’aider ou d’inciter autrui à s’engager dans la production de sous-munitions, ce qui est interdit par le traité. Dix pays, dont la Suisse, ont même clairement interdit les investissements pour la production d’armes à sous-munitions dans leurs législations nationales.

"Les producteurs de bombes à sous-munitions accèdent trop facilement au prêt et aux services financiers. Et le nombre d’institutions financières impliquées et les montants investis restent toujours importants, déclare Petra Schroeter, directrice de Handicap International Suisse. La Suisse a interdit ces investissements en 2012 en légiférant en la matière. Cependant, le présent rapport liste encore un prestigieux organisme financier helvétique qui continue à investir dans les armes à sous-munitions. L’année 2015 a été marquée par une recrudescence importante de l’utilisation de sous-munitions. Face à ces signes inquiétants, nous ne devons pas baisser la garde et rappeler que le Traité d’Oslo doit être respecté."

En 2015, des armes à sous-munitions ont été utilisées dans cinq pays, en Libye, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen, infligeant un coût inacceptable aux civils, selon le rapport 2015 de l’Observatoire des armes à sous-munitions. L’utilisation de ces armes est en nette augmentation par rapport à 2014.

Rapport 2016 de l'Observatoire des sous-munitions

Retrouvez tous nos communiqués de presse sur le sujet:

> 4 avril: journée mondiale contre les mines et les sous-munitions: Lire le communiqué de presse

> Trop d’institutions financières soutiennent encore les investissements dans la production d’armes à sous-munitions: Lire le communiqué de presse

> Les armes à sous-munitions utilisées dans cinq pays, une réalité inédite depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de ces armes: Lire le communiqué de presse

 

Published on: 16 juin 2016
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